Sam Spiegel

Sam Spiegel

Résumé

Cette fable moderne et fantastique sur fond de magie noire, librement inspirée du mythe de Faust, se déroule à Londres, dans le milieu du jazz, de 1986 à nos jours. Jack White, un saxophoniste aussi talentueux que fauché, se dit prêt à tout pour réussir. Lors d’une soirée arrosée dans un pub, il rencontre un curieux vieillard, Michael Heaven, qui lui propose un marché abracadabrant : en échange de son âme, Jack connaitra la gloire et la fortune. Après de longues hésitations, et pour échapper à un mauvais sort qui s’acharne sur lui, Jack se voit contraint d’accepter le pacte proposé. Jack White est alors entraîné dans des événements tragiques et troublants. D’étranges inconnus surgis de nulle part lui viennent en aide. De vieux rêves se réalisent.Tout semble lui réussir. Pourtant, sa destinée lui échappe. Jack aurait-il vendu son âme au Diable ? Au-delà du bien et du mal, Jack devra mener une lutte difficile, au risque de perdre les êtres les plus chers, pour tenter de reprendre le contrôle de sa propre existence.

ISBN : 978-2-89717-803-1

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Tout commença la nuit du jeudi 27 novembre, lorsque Dermot, le contrebassiste de mon quartet de jazz, me téléphona vers les vingt et une heures pour m’inviter à vider avec lui une ou deux pintes au George Canning, le pub du coin. Ça tombait bien, je mourrais d’envie de m’enfiler quelques bières. Je n’avais pas mis le nez dehors de toute la journée et je voulais voir du monde, des filles surtout. Je n’avais rien contre le George Canning, un pub tenu par des Irlandais où l’on pouvait déguster une merveilleuse Guinness (bière forte et brune irlandaise) – si on aimait ça – ou siroter un Jameson (whisky irlandais) moelleux. Mais les clients du George Canning avaient rarement moins de cinquante balais et s’exprimaient toujours avec ce dur accent irlandais qui vous donnait l’impression de vous faire engueuler à tout bout de champ. Les habitués du George Canning, aux visages invariablement rouge vif, sanglotaient comme des fillettes après avoir avalé litres de bière. Vous deveniez leur meilleur ami après la sixième pinte, mais à la septième, leurs gros poings s’écrasaient sur votre pif parce qu’après tout, pour eux, vous n’étiez qu’un english pig. Je n’ai rien contre les Irlandais non plus, au contraire : mon pote Dermot et mon ex  – avec qui j’avais vécu pendant cinq ans – étaient tous deux irish. Mais ce soir-là,  j’avais envie d’autre chose et je proposai à Dermot un pub un peu plus branché, le Phœnix, situé à seulement quelques centaines de mètres du George Canning.  Dermot n’objecta pas. Après tout, c’était plus près de chez lui : Dermot habitait un minuscule appartement dans une rue qui longeait la voie ferrée et se terminait en cul-de-sac sur le Phœnix.

Le Phœnix était une bâtisse accueillante, rectangulaire, édifiée sur deux étages, aux fenêtres voûtées et aux auvents en fer forgé. Quelque architecte bien inspiré eut la bonne idée d’implanter cette brasserie dans l’enceinte même de l’ancienne gare ferroviaire de Denmark Hill. On pouvait toujours y prendre le train, mais la grande salle d’attente de jadis n’existait plus. Les murs aux briques apparentes furent conservés, ainsi que l’énorme pendule ronde aux gros chiffres romains, assemblée à Leeds par Potts & Sons et suspendue par deux chaînes robustes au-dessus de l’entrée principale. Au sol, entre les bancs rustiques et les machines à cigarettes, un bar tout en longueur tournait le dos aux quais. Une vaste cheminée réchauffait les hivers enneigés et les automnes pluvieux. Cet endroit était fréquenté par tous les artistes, nouveaux riches et belles du coin.

La pluie s’était enfin calmée lorsque Dermot poussa la porte du Phœnix. L’unique salle, immense, était bondée et bruyante à souhait. Nous nous frayâmes un passage parmi la foule, bravant le Layla d’Eric Clapton poussé à fond. Des dizaines d’assoiffés s’agglutinaient autour du comptoir, empressés de se faire servir avant la fermeture.

— La première tournée est pour moi, annonça Dermot. Une Guinness ?

— Non, merci, pas pour moi. Une pinte de Grolsch, s’il te plaît.

— Cette shit hollandaise ?

Je m’apprêtai à défendre les qualités de la shit hollandaise, lorsqu’un cri s’éleva de la foule :

— Hé, Dermot, Jack, par ici !

C’était Kevin, le batteur de notre quartet de jazz, confortablement installé à une table près de l’âtre. Deux places s’étaient libérées à côté de lui et il nous invitait à le rejoindre. Kevin était un mec plutôt frêle de cinq pieds sept pouces (1.70 mètres) avec une peau fine, presque transparente, aux cheveux sombres, longs et raides, plaqués derrière les oreilles…Tout le contraire de Dermot, un solide Irlandais de cinq pieds dix pouces (plus de 1.80 mètres) aux cheveux frisés et blonds, à la limite du roux.

 

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