Les Trémolos de l’amour de Mokhtar Chaoui

Ce qui aurait pu être l’affaire d’une nuit de sexe, devient une histoire d’amour sincère d’abord, perfide ensuite, vengeresse enfin

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Mokhtar ChaouiAmine, la quarantaine, célibataire endurci, hédoniste, imbu de sa personne, poète à ses heures perdues, se sert du verbe pour séduire les femmes, les consommer avant de les jeter. Ilham, jeune femme émancipée, sûre de ses charmes, épicurienne jusqu’au libertinage, est obligée, dans une société schizophrène, de vivre dans le faux-semblant pour pouvoir jouir pleinement de ses amours. Dans un moment de solitude et d’ennui, ils se contactent pour s’offrir une passade sans lendemain. C’était mal connaître les malices du cœur. Ce qui aurait pu être l’affaire d’une nuit de sexe, devient une histoire d’amour sincère d’abord, perfide ensuite, vengeresse enfin. L’analyse des comportements et des relations homme femme est menée avec une acuité d’une finesse qui met à nu les corps et les âmes. Mokhtar Chaoui, d’une écriture enjôleuse qui s’attache à décrire les différents stades de l’amour et le grand chaos des sentiments, décortique la notion de couple en s’immisçant dans les profondeurs vicieuses de deux amoureux qui se livrent des batailles sexuelles et sentimentales sans trêve ; batailles qui se terminent d’une façon surprenante et inattendue.

ISBN : 978-2-89717-771-3

DU MÊME AUTEUR : Le Silence blanc

Il n’avait plus la force d’aimer. Les trémolos de l’amour, il les avait vécus et n’en avait gardé que les affres de l’humiliation. Son cœur se refusait désormais à toute émotion. Il avait caché les clefs de son Aphrodite dans un des tiroirs de la femme à tiroirs. Dali est mort et la femme s’est figée en silhouette impénétrable. Il avait tordu le cou à ses passions, brisé les flèches de Cupidon. Il se contentait d’amourettes qui n’exigeaient de lui aucune fidélité et se satisfaisaient de fredaines. Les grandes passions, déchirantes et cruelles, dorénavant, le dégoûtaient.

Il était las de tout : las de feindre le sourire charmeur, las de simuler la tendresse, las de pianoter sur les courbes féminines, las de vouloir ranimer une flamme à jamais lépreuse, las de la lassitude.

Les « Je t’aime » l’écœuraient. Les « Tu ne me désires plus ? » l’horripilaient. Les « Pourquoi tu rentres si tard ? Où étais-tu ? » le sortaient de ses gonds. Les « Tu es devenu distant » le rendaient plus fuyant. Plus on cherchait à l’enchaîner, plus il esquivait. Plus on tirait sur la corde de son sentiment de culpabilité, plus il se renfrognait. Les « Mon chéri, je ne peux vivre sans toi », « Mon amour, sans toi je suis perdue », « Pourquoi me fais-tu souffrir ? », « Tu es l’homme dont j’ai toujours rêvé », « Si tu pars j’en mourrai », etc. l’irritaient au lieu de l’amadouer. Opiniâtrement, pathétiquement, ses amours revenaient à la charge. Résolument, sadiquement, il déclenchait le compteur du désamour.

Aux sollicitations duveteuses, menaçantes ou implorantes, il répondait par l’indifférence. Les larmes féminines décuplaient sa colère et sa cruauté. Ironie du sort : plus il devenait sadique, plus on s’attachait à lui. Cela le confortait dans son orgueil. Il cultiva alors les vertus de la misogynie, aidé en cela par l’insignifiance de certaines conquêtes et la platitude des autres. Il collectionnait les raisons de croire que la femme n’est et ne peut être qu’un exutoire à la solitude et à l’ennui. Lorsque ses amourettes lui parlaient d’amour, il pouffait intérieurement ; quand elles réclamaient des « je t’aime », il leur faisait l’amour. Elles étaient satisfaites, croyant que l’acte d’amour est une expression de l’amour. Pour lui, c’était la meilleure façon de remettre l’amour à sa véritable place : l’origine du monde.

Le bonheur l’effrayait. Il ne cherchait chez la femme que les moments de plaisir ; des moments denses où chacun se donne sans penser au lendemain, sans réclamer de lendemain. « Mais, c’est trop leur demander, se disait-il souvent. Dès qu’une femme te donne le bout de son sein, elle se croit dépositaire de ton être ; elle s’adjuge tous les droits, surtout celui de te posséder. Si tu passes une nuit avec elle, ça y est, elle te connaît mieux que toi-même ; elle est au courant de toutes tes fantaisies, de tous tes espoirs et de la moindre de tes illusions ; elle s’est déjà positionnée en salvatrice ; sans elle, impossible d’échapper à cet enfer qu’est le célibat ; sans elle, pas de paradis ; sans elle, c’est la perdition. »

Il faisait tout pour dissuader ses partenaires d’une relation durable. Dès que l’une d’elles s’attachait à lui, il déclenchait le compte à rebours de la séparation. Le mariage le rebutait. Il lui préférait les amitiés érotiques. Lointaine réminiscence de sa lecture de Kundera. Il fallait, bien entendu, prendre toutes les précautions pour que, au bout d’une aventure, ne naisse un petit morveux qui lui gâcherait sa belle vie.

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