Symphonique show de Virginie Platel

À la fois odyssée musicale à suspense et comédie sentimentale, ce roman vous embarquera dans un road movie symphonique

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553 pages

Qui n’a jamais rêvé de devenir une star de la téléréalité et de sillonner les routes avec un orchestre symphonique ? Pour Ella, violoniste, la tournée du programme télé le plus célèbre de France va rapidement virer au cauchemar. Si la musique adoucit les mœurs, lorsque l’on est obligé de cohabiter 24 heures sur 24 avec des inconnus, dont un meurtrier, cette formidable aventure humaine peut vite tourner au vinaigre. Et si, au milieu du désordre des partitions et des bagages, le grand amour faisait néanmoins partie du voyage ? À la fois odyssée musicale à suspense et comédie sentimentale, ce roman vous embarquera dans un road movie symphonique.

À propos de l’Auteur : Virginie Platel est à la fois violoniste et scénariste professionnelle. Elle a participé, entre autres, à l’écriture de séries à succès pour la télévision telles qu’« Un gars, une fille », « Scènes de ménages », « Parents Mode d’emploi », « Mère et fille »… Passionnée par la musique et l’écriture depuis toute petite, elle est l’auteure de D’éon (pièce de théâtre historique), de nouvelles parues dans le recueil sur La Musique à travers les époques, du Fil de la vie, son premier roman et de Symphonique show son second roman. Ce qu’elle aime par-dessus tout ? Concilier la musique des mots avec l’humour.

DU MÊME AUTEUR : Concerto à la mémoire d’un ange

ISBN NUMÉRIQUE : 978-2-89717-855-0
ISBN PAPIER : 978-2897178567

Édition papier – 18,95€

  • ISBN : 978-2-89717-856-7
  • Broché, 376 pages – 15×23 cm
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Ce jour-là, je jouais la IXe symphonie de Beethoven, à l’église de la Madeleine à Paris, en tant que premier violon de l’O.S.C.E. (Orchestre Symphonique des Champs-Élysées). C’était une formation prestigieuse, dont les membres venaient des quatre coins du monde. Nous nous réunissions pour une session de concerts trois fois par an.

J’avais fait une entrée discrète sept ans auparavant dans le fond des premiers violons, et avais suivi mon chemin, progressant de pupitre en pupitre pour me rapprocher du chef.

Mon tempérament sociable, mais réservé, ne me prédisposait pas à jouer en soliste. Par contre, j’excellais dans les premiers violons, davantage que dans les seconds d’ailleurs.

Quelle différence ? Les seconds interprètent souvent des parties plus rythmiques et moins difficiles techniquement que les premiers, qui ont des envolées lyriques dans les aigus.

Ce sont ces mêmes aigus qui m’ont motivée à l’âge de 5 ans en entendant un orchestre à la radio, les poils au garde-à-vous, à dire à ma mère : « C’est ça que je veux faire ! »

Je dus patienter un an avant de débuter le solfège, deux pour pouvoir mettre un violon sous mon menton, et encore six mois pour poser les doigts sur ses cordes. Heureusement que j’étais motivée !

14 ans plus tard, ma passion était devenue ma profession.

Pour en revenir au 31 mars de cette année, Wendy, le violon solo de l’O.S.C.E., avait un concert prévu avec son trio. Son suppléant, Bernard de l’orchestre d’Île de France, n’était pas libre non plus. Le chef s’était donc naturellement tourné vers moi, leur partenaire de pupitre pour assumer cette fonction. J’ai dû travailler deux fois plus pour me montrer à la hauteur du défi, davantage encore pour renforcer ma confiance en moi.

En tant que chef d’attaque des premiers, je donnais le la à tout l’orchestre, décidais des coups d’archet, du moment de se lever, etc.

Il faut savoir que quand le chef d’orchestre serre la main du premier violon, c’est tous les musiciens qu’il félicite. D’autre part, un ensemble instrumental est capable de jouer sans chef d’orchestre juste avec le violon solo à sa tête. Cela fonctionne un peu comme en politique finalement : le premier violon équivaut au Premier ministre et le chef d’orchestre au président.

Le soir du 31 mars, la Madeleine était pleine.

Les soixante-dix musiciens entrèrent sous les applaudissements du public. J’attendis le silence, puis pris le la du hautbois, m’accordais, et donnais la note aux différents pupitres : premiers violons, seconds, altos, violoncelles, contrebasses. Je faisais cela en ordre et avec méthode, laissant le temps à chacun de s’accorder.

Durant quelques minutes d’un joyeux brouhaha, tout le monde joua, afin de s’habituer à l’acoustique de l’église, et de dérouiller ses doigts. Puis, le silence revint.

Une centaine de choristes firent leur entrée sous une salve d’applaudissements nourrie. Leurs proches devaient se trouver dans la salle, d’où le nombre élevé de spectateurs.

Du regard, je cherchais la personne qui comptait le plus pour moi : Philippe, mon petit ami. Je mis du temps à le localiser, planqué dans le fond de l’église, en partie dissimulé derrière l’imposant brushing d’une dame. Mon cœur palpitait à l’idée de sa présence bien plus qu’en raison du trac, qui s’était envolé dès que j’avais posé mon archet sur la corde.

Quelques quintes de toux et des clameurs impatientes résonnèrent dans l’église. Enfin, le chef en habit de cérémonie fit son entrée, précédant les quatre solistes. Je me mis debout, tout l’orchestre à ma suite. Une fois à son pupitre, il nous fit rasseoir, leva sa baguette… Et nous embarquâmes le public pour une traversée musicale d’une heure et quinze minutes.

Pour les violonistes, cette IXe symphonie de Beethoven est synonyme de cascades de notes, en particulier dans lePrestissimo du mouvement final. Même dans les plus grands orchestres, les musiciens lancés à une vitesse folle sur une corde d’acier d’à peine un millimètre d’épaisseur ne peuvent jouer cent pour cent des signes de la partition. Imaginez une escadrille de violons catapultés dans un numéro de haute voltige. Seul le nombre d’exécutants permet de colmater les brèches, les sons escamotés dans la bataille.

Cette œuvre monumentale explore le spectre de toutes les émotions. On passe d’une solitude glacée incarnée par le pupitre de violoncelles, descendant au moyen d’une marche harmonique dans des profondeurs abyssales, à une ode à la joie brillante où tous les instruments mêlés aux voix des chœurs s’en donnent eux aussi à cœur joie !

Je me dévouais corps et âme à la symphonie. Le son dans l’église était pur, la résonance parfaite.

Nous délivrions une performance de qualité. Pourtant au fond de la salle, un individu semblait perdu. Il était la seule fausse note de cette soirée.

Après avoir enlevé avec brio les dernières mesures de la partition, le silence se fit. Quelques secondes de vide, prolongeant le mouvement de la baguette du chef d’orchestre. Une action au ralenti. La sueur coulait dans mes yeux, la lumière m’éblouissait, mes tempes vibraient des battements sourds de mon cœur. Le temps avait suspendu son envol. Le public avait-il aimé notre prestation ?

Une vague d’applaudissements nous submergea. Les gens se mirent debout pour nous ovationner. C’était un triomphe ! Une joie immense m’envahit, j’avais accompli ma mission et mené les troupes à bon port. Le chef me fit lever, et posa sa baguette pour me féliciter. L’assistance hurla des « Bravos ! » Mais au-delà de l’enthousiasme du public, je cherchais du regard celui qui, je l’espérais, serait fier de moi. Il avait disparu.

Philippe m’attendait dans la sacristie, pressé de partir. Très sollicitée, progressant de main en main, je mis plusieurs minutes avant de pouvoir le rejoindre. Son visage était grave, fermé. Impatient, il me demanda :

— Tu es prête ?

— Écoute, mes collègues me proposent d’aller boire un verre. Je ne peux pas me sauver comme une voleuse…

Pas après ce que nous venions de vivre !

— Reste alors, moi j’y vais.

Ce soir-là, après l’euphorie de la symphonie, je rentrais seule sous une pluie battante. Il était parti, définitivement.

Cela faisait un moment que cette décision couvait. Il avait attendu la fin du concert pour rompre. Selon lui, le violon était mon véritable amant et la musique, une maîtresse exigeante et possessive :

« Tu es incapable d’aimer en dehors de ton violon. »

Il semblait presque jaloux… Il me reprochait, entre autres, de ne pas lui consacrer assez de temps.

Le problème c’est qu’il n’était pas le seul à me le dire. D’autres l’avaient précédé et s’en étaient allés pour les mêmes raisons. La musique était ma passion, exclusive et dévorante. Elle ne laissait pas de place pour quelqu’un d’autre. Elle ne m’avait jamais déçue, elle !

Mais je l’aimais, lui.

Pour la première fois, j’envisageais de me séparer de mon violon quelque temps. S’il me nourrissait intérieurement, j’avais aussi une vie de femme à vivre. Oui, à 27 ans, il était urgent que je me remette en question !

Le second événement survenu l’année dernière est arrivé comme une boule de démolition pour anéantir mes ambitions artistiques, déjà fortement ébranlées.

Je l’ai prise en plein dans les vertèbres, cette fois.

Et ça fait très mal.

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