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castelneauAprès une déception amoureuse, Étienne se laisse convaincre par son ami Manu de s’inscrire sur un site de rencontre. Les aventures d’un soir, drôles ou pathétiques, succèdent aux histoires sans lendemain, laissant notre héros de plus en plus perplexe, jusqu’au jour où il fait la connaissance de Juliette. Mais Juliette est une femme libre qui refuse de s’engager, et il lui faudra jouer de persévérance pour la convaincre de lui laisser une chance. Dans le même temps, Flore entre dans la danse, et si Flore aime Étienne, lui aime Juliette en secret. Au milieu de tout cela, Manu, l’ami de toujours, prouve chaque jour un peu plus qu’il mérite haut la main la palme du parfait loser, et entraîne son ami dans des situations où l’absurde rivalise avec le comique.

ISBN : 978-2-89717-541-2 | 143 pages-écrans

DU MÊME AUTEUR : La Grammaire du chaos

— Baise-moi ! Oh, Étienne ! Baise-moi !

— Euh…

Bon, bien en fait, là, non, vraiment, même avec la meilleure volonté du monde, je n’allais pas pouvoir le faire. J’avais beau convoquer tous mes fantasmes, et m’imaginer Jennifer Aniston allongée nue dans le lit à la place de cette fille, rien n’y faisait. Elle était trop avenante sans doute, trop directe, trop grande ou trop belle. Ou peut-être était-ce moi qui n’étais pas encore prêt ? Toutes ces choses qui m’avaient poussé à boire une partie de la soirée, en acquiesçant d’un air entendu à chacune de ses propositions, sans rien écouter de ce qu’elle me disait. La fille s’appelait Flore, ça, je m’en souvenais, et elle avait passé les trois dernières heures à me trouver chou. « T’es trop chou ! » avait-elle ainsi lâché une première fois avec une sincérité désarmante lorsque, peu après notre premier verre, l’alcool me faisant déjà tourner légèrement la tête, je lui confiai crânement et sans la moindre ironie me trouver parfois trop romantique. Plus tard, au restaurant, lorsque je lui ai tenu la porte pour qu’elle me précède, elle s’exclama : « ça, c’est chou ! », avec un air entendu. Enfin, quand au moment où il nous apporta les cafés, j’avais avec autorité pris la note des mains du serveur, elle me glissa, un peu gênée : « Vraiment, toi, t’es chou ».

Je la raccompagnai jusque chez elle, et elle se tint serrée contre moi tout le long du trajet. Nous baignions dans un sentimentalisme mièvre, mais nous étions bien. Les choses commencèrent à mal tourner une fois à son appartement : Flore voulut m’entraîner aussitôt dans son lit, mais, bourré comme un coing, je n’avais plus la patate. Les carottes étaient cuites, alors autant mettre les pieds dans le plat et ne pas en faire tout un fromage : Flore avait fait chou blanc, elle était tombée sur un cœur d’artichaut qui avait trop bu parce qu’il avait l’impression qu’en sortant avec elle il trompait celle qui l’avait largué quelques mois plus tôt.

Tandis qu’elle se trémoussait, les yeux clos, abandonnée et offerte, reprenant quelque peu mes esprits, je cherchais désespérément un moyen de m’en sortir honorablement et sans la blesser. Mais comment avais-je pu me retrouver dans une situation pareille ?

À la vérité, je connaissais la réponse : c’était la faute de Manu, tout ça. Manu, mon pote. On dit qu’on ne choisit pas sa famille, mais je me demande parfois ce qui nous pousse à choisir nos amis.

C’est lui qui m’avait convaincu de m’inscrire sur ce site de rencontre. Il me voyait malheureux, l’âme en peine et se disait qu’un peu d’aventure me ferait du bien. C’est un bon gars, au fond, Manu. Célibataire invétéré, incapable d’imaginer une relation durable, expert en mauvais plans : précisément la personne dont j’avais besoin pour me reconstruire.

castelneauComme Étienne, vous êtes libraire à Montpellier, on ne peut résister à l’envie de vous demander si Étienne est votre double littéraire. Quels sont vos points communs, ou vos divergences ?
Non, Étienne n’est pas mon double, mais nous partageons quand même quelques points communs. Nous avons les mêmes centres d’intérêt : les livres, la musique ou le design, par exemple, et comme lui, j’aime les chats !
C’est vrai qu’il est lui aussi libraire, mais je donne dans le roman une vision idéalisée de ce métier (que j’adore, au demeurant) et sa librairie est assez proche dans mon esprit de celle où travaille Hugh Grant dans le film Coup de foudre à Notting Hill. Pour romantique que ce soit, c’est assez éloigné de la réalité !
En ce qui concerne le lieu, j’ai choisi Montpellier d’abord pour rendre hommage au film de François Truffaut, L’homme qui aimait les femmes. Je cite d’ailleurs le film à un moment, mais il y a aussi dans le livre un autre clin d’œil à peine déguisé, que les spécialistes reconnaitront sans peine. Il y a également une référence au cycle Antoine Doinel, qui était une des mes sources d’inspirations quand j’ai écrit le livre. Il y a une fraicheur et un humour très particulier qui courent dans le cinéma de Truffaut dont j’ai essayé de m’approcher, à ma manière et en le transposant dans notre époque.
Enfin, je n’ai pas vécu les aventures que connaît Étienne tout au long du récit, même si j’ai pu m’inspirer ici ou là de choses qui me sont arrivées, et fort heureusement pour moi, je n’ai pas comme meilleur ami Manu, le spécialiste des mauvais plans… Même si, en y réfléchissant bien…

Tout votre roman se construit autour de la relation amoureuse, comme si l’on existait que par et pour être deux. C’est important pour vous, bâtir un couple, combattre la solitude ?
Comme je l’écris à un moment dans le livre, je suis un solitaire, mais je n’aime pas la solitude quand elle est subie. Certains veulent voir dans le couple une accumulation de compromis, je crois au contraire que c’est une source d’enrichissement mutuel. On est plus fort à deux, à condition que cela repose sur une profonde et durable complicité. Je ne sais pas si l’homme est fait pour vivre seul ou en couple, mais en ce qui me concerne, je me sens mieux à deux que seul.

On pourrait trouver Étienne bien compliqué, il rejette la proie pour l’ombre pourrait-on dire, dans sa recherche d’une histoire d’amour passionné, intense. L’amour, cela doit toujours être passionné, intense ?
C’est parce qu’Étienne est un idéaliste romantique, chose que je ne suis pas loin de partager avec lui. On a soif d’idéal, chantait Alain Souchon, je crois profondément à cela. C’est mon moteur, en tout cas, que ce soit en amour ou ailleurs. J’imagine que l’on peut très bien construire un couple sans cette passion et cette intensité qui prévaut souvent aux histoires d’amour qui débutent. Peut-être est-ce même mieux en définitive, ça évite sans doute parfois de tomber de trop haut !
Alors oui, certainement, Étienne est un garçon compliqué, mais c’est aussi un héros de roman : ses aventures seraient bien plus tristes sans ce désir d’amour fou qui le transporte !

Édition papier – 11 €

150 pages – Broché, 13×20 cm

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